Présentation de la séance

Dans le cadre de notre projet "Réfléchir la création" et en ouverture de la seconde séquence de l'exposition SÈMES de Vincent Chevillon à Khiasma, pour laquelle l'accrochage sera réagencé, le cinéaste Jérémy Gravayat et Vincent Chevillon échangeront sur les enjeux de la mise en récit de collectes de matériaux documentaires. Comment s'agencent les documents entre les nécessités de la transmission, de l'acte politique et celles du geste artistique ?


Jérémy Gravayat réalise des films questionnant certaines réalités de l’exil contemporain et des quartiers populaires. Quotidien d’une réfugiée bosniaque, migrants de Sangatte, Palestiniens des territoires occupés, sans papiers et travailleurs immigrés de l’agglomération Lyonnaise. Depuis deux ans, il mène le projet Atlas à La Courneuve, une enquête sur l’histoire et l’actualité de l’habitat précaire en Seine-Saint-Denis, basée sur des collectes de récits d’habitants et de documents d’archives. Ce projet à donné lieu à la publication d’un livre-journal distribué sur le territoire local, objet de partage de ces recherches en cours, qui mèneront en définitive à la réalisation d’un film.

A 18h la discussion se poursuivra par la projection du film Les hommes debout, suivie d'un débat avec les intervenants.

Les Hommes Debout
Film de Jérémy Gravayat, 75’, 2010
Production : Les Inattendus
Histoires fragmentaires, réelles ou imaginées, d'hommes ayant vécu et travaillé à Gerland, ancien quartier industriel de Lyon.
Au coeur d’un territoire en "rénovation urbaine", une fonderie du début du siècle est démolie. Remontent alors les traces du travail, de l’exploitation et d’une lutte, celle des travailleurs immigrés de Penarroya. Traverser les ruines de l’usine, se souvenir des gestes répétés. Entendre les voix des ouvriers rassemblés dans la cour et le silence des machines arrêtées. Parcourir la ville dans la boue des chantiers, partir à la recherche d’un travail. Frapper la pierre et la brique, regarder les choses lentement s’effondrer. Repérer les lieux, s’y introduire, changer les serrures et raccorder l’électricité. Se rassembler dans la nuit, allumer des feux, construire de nouveaux abris. Raconter toujours la même histoire : celle qui fait tenir les hommes debout.

Boris Monneau